Sans toi

J’étais le gardien du sommeil de tes nuits
Sans peur, sans reproche, heureux pour la vie
Mais tu m’as laissé, tout seul je survis
Je ne suis plus rien, sans toi je m’ennuie

Qu’ai-je fait de si mal pour que tu m’oublies
Suis-je bête ou méchant pour que tu m’effaces
De ta mémoire tu ôtes les traces
Traces de notre amour et de nos envies

Je t’offre mon âme, prends la dans tes mains
Garde-la sur ton cœur et prends-en bien soin
C’est ce qu’il me reste, c’est tout ce que j’ai
Après ton départ, plus rien n’est resté

Comme tu me manques, j’ai besoin de toi
Tous les jours, je pleure des larmes de sang
Tous les jours je meurs de ne plus être le roi
Le roi de ton coeur et de tes amants

Empli de douleur, je vois notre enfant
Il est triste et pleure, il veut sa maman
Mais tu n’es plus là, tu nous as quitté
Pour un autre corps, une fausse vérité

D’images de souvenirs je remplis mes nuits
J’ai perdu ma femme, j’ai perdu la vie
Comment faire maintenant pour continuer
A vivre, à sourire et à espérer…

Ainsi demeure l’espoir

J’ai pris une cigarette
Dans mon paquet
Et je l’ai allumée
En la fumant j’ai écrit
Ces vers ci, ces vers sots
De la part d’un verseau
Pour son cancer favori :

Tes souviens-tu de mes poèmes
Et de mes pages d’écriture ?
En as-tu gardé la souvenance ?
Nos instants ont-ils encore
Quelque place dans ta mémoire ?

Consacres-tu chaque soir
Un instant à apaiser ton cœur
Assise dans ton lit
Comme moi dans le mien ?
Hésites-tu aussi ?
Chacun de tes instants est-il une douleur ?

J’aime à croire cela
Morbide complaisance
Humaine vanité

Je veux croire que tu m’aimes encore
Que nous souffrons à deux
Ainsi demeure l’espoir…

Au genre humain

Si dans un coin du Paradis
Il y a un Bon Dieu qui sommeille
Secouez-le qu’il se réveille
Et que je puisse lui dire ceci

Toi notre Dieu, toi notre Père
Qui a tous pouvoirs et tous droits
Descend un peu voir sur la terre
Ce que l’homme fait de tes lois

Il en abuse et il s’en sert
Comme une excuse pour faire la guerre
Crée l’opulence et la misère
L’intolérance pour tuer ses frères

Pour une couleur de pas de peau
Ou pour un nom sur un bouquin
Il lève des troupeaux d’idiots
Bêtes à servir le Malin

Il croit savoir mais ne voit rien
Il ouvre ses yeux et ferme son cœur
Aime le pouvoir et le parfum
Du risque, des jeux, des jeunes fleurs

Il parle de la vie et sème la mort
Joue de l’esprit ou bien du coprs
Mais, au fond du cœur, c’est certain
Une âme meurt d’être en son sein

Ode à la vie, prière d’espoir
Au genre humain qui tend la main
Stopper le bruit sortir du noir
Partir de rien mais vivre serein
Partir de rien mais vivre enfin…

Déconnexion…

Déconnexion… Déconnexion par rapport à tous ces pantins à qui je ne pouvais plus rien avoir à dire… De qui je ne pouvais plus imaginer la moindre aide… Pas clair l’état dans lequel j’erre aux abords de la montagne… Je pouvais dire la mort dans l’âme mais l’âme, elle, devait être morte depuis longtemps… Juste déconnecté… Mon corps avançait sans moi… En la voyant malgré tout, j’ai du sursauter… Déconnexion… Soit… Mais alors pourquoi tenir tant à laisser cette dernière image en haut de la montagne ? Dernier soupçon d’orgueil… Tu me trahis, c’est dégueulasse ! Mais ils ont tous accéléré ma chute, non ?… Quel pays ici … Mais ce n’est pas l’altitude qui m’a foutu le vertige… Qu’est-ce que j’ai pu me haïr… Haïr ma faiblesse… Haïr ma vie…. Haïr la vie… Ile me fallait tuer n’importe qui… N’importe quoi… Pour la perfection, il aurait fallu trouver une de mes semblables…. Maque de bol, dans le genre, il n’y avait que moi de disponible dans le secteur… Je décidais que je ferai très bien l’affaire… Le sommet état si proche…

Voilà, j’y suis ! Et maintenant ? Comment faire ce dernier pas là ? Pourquoi j’hésite encore ? Est-ce que je vais hurler ? Est-ce que j’aurai mal ? Ma dernière pensée sera-t-elle pour elle ? Je me suis mis à penser à autre chose… Mais que le monde est laid vu d’ici… En fait, c’est lui que je vais tuer, pas moi… Moi, je change d’air… Oui, voilà ! Juste des vacances, quoi ! Enfin, pour m’oublier… J’y vais…

… Contact… Reconnexion difficile avec la réalité… Où suis-je ? Qui suis-je ? Suis-je mort ou vivant ?… Environnement métallique et froid… Je tâtonne… Hublot opaque… Drôle d’air… Je tousse, puis pousse… Ça s’ouvre… Un peu d’air… Meilleure respiration… Dehors, c’est l’extérieur… Sortir… Dehors, soleil glauque… Soleil quand même… C’est ça la mort ?!?! Le néant ensoleillé ? Oui, glauque… Je sais mais quand même… Horizon sans fin… Solitude enfin… Tiens ! J’ai faim… Mais alors, je ne suis pas mort… Pas mort ? Cette question, au fond, quelle importance avait-elle encore ? Ou peut-être que j’avais rêvé…

Des mots

Des mots qui prendraient leur histoire
D’un souvenir venu d’un soir

Des mots qui viendraient par derrière
Te surprendre malgré toi

Qui pleure sur les boulevards
Entre ta nuit et ton cafard

Des mots pour rire un peu trop fort
Qui brilleraient comme des poignards

Et des mots pour dire que le silence
Est juste un bruit qui écoute

Des mots écrasés par l’oubli
Quand tu pourras dire je t’aime

Des mots cloués par l’habitude
Et la routine de la défaite

Des mots aux gestes fatigués
Dans le bus aux petites heures

Des mots bâclés pour saluer
Tout ce que tu as en horreur

Des mots pour dire quelques mots
Qui ont la musique pour tendresse

Des mots pour te dire que l’amour
Ne se discute pas mais qu’il est

Des mots pour te dire que l’amour
Entre nous deux durera toujours

Devenir enfin

C’est à toi mon enfant, mon bébé
Que je dédie ces quelques vers
Toi qui est le fruit de ma chair
Mais qui de chair n’est pas fait

Toi qui est là sans être présent
Je te sens jusque dans mon ventre
Ne pas te voir me tourmente
Et je suis las de ton absence

Je t’entends rire et puis jouer
Parfois t’énerver et pleurer
Quand les questions que tu te poses
Tournent dans ta tête comme une prose

Pourquoi maman n’est-elle pas là ?
Est-ce qu’elle m’oublie ? Ne m’aime-t-elle pas ?
J’aimerais tant l’avoir près de moi
La voir revivre avec papa

Tu sais mon enfant, mon bébé
Maman nous aime sans le savoir
Si elle a fui, nous a quitté
Il ne faut pas lui en vouloir

Les grands sont bêtes et méchants
Sans le comprendre tout le temps
Ils font du mal à leurs enfants
C’est aussi le cas pour maman

Pourtant comme toi, moi je l’aime
Mais elle a d’autres problèmes
Elle voulait vivre et s’amuser
Pour ça, elle nous a mis de côté

Un jour mon enfant, mon bébé
Sûr, elle reviendra, tu verras
Alors nous pourrons être aimés
Et tu redeviendras le roi

En attendant je te survis
De mon amour je te nourris
Même si on a pas de maison
Ensemble toujours nous resterons

Gardons l’espoir de son retour
Séchons les larmes de nos yeux
Avec la force de notre amour
Bientôt nous revivrons heureux

Toi mon bébé, toi mon enfant
Dis-moi un peu pour qui tu danses
Puisque tu n’as pas de maman
Qui a voulu te donner la chance
De te voir devenir enfant

De te voir devenir enfin…

N’oublie pas

Si la vie te brise un peu
En faisant couler tes yeux
Si tu éprouves de la peine
N’oublie pas que tu es la reine

De notre union bref comme l’éclair
Survit encore un sentiment
Plus fort que le ciel et la terre
Ne mourant pas visiblement

Si tu te sens parfois perdue
Tu tournes en rond et n’en peux plus
Et tu voudrais que ta vie cesse
Tu restes toujours la princesse

Dans ton cœur froid comme la pierre
J’ai planté une fleur pour toujours
Symbole d’espoir, preuve d’amour
Rien de plus beau dans l’univers

Quand tu ne sais que croire que faire
Que la vie ne tient pas ses promesses
Que tu vois le monde à l’envers
Tu restes toujours la déesse

Tu disais que tu m’aimes mais n’ai-je
Jamais rien fait que passer
Ton amour froid comme la neige
M’a gardé le cœur prisonnier

Quand ton cœur est anéanti
Que ton ciel est repeint de gris
Il ne faut pas désespérer
Tu restes toujours mon bébé

Ainsi passent les jours sans toi
Comblés d’attente et de regrets
Mais tu resteras toujours pour moi
Ma reine, ma princesse, ma déesse, mon bébé…

Entrelacées

Je pense à toi
A toi pour qui j’écris
J’écris pour te dire
Ce que tu sais déjà
N’est-ce point frappant de futilité ?

Et pourtant je me sens profond
Comme une abîme où tu te jeterais
Éperdue, amoureuse, captive
Imbriqués l’un dans l’autre
Dans un instant si flou

Tous les deux nous voyons
Les lettres se troubler
Les mots prennent leur sens
Et nos lèvres n’osent se rencontrer

Tous les deux nous lisons
La même feuille de papier
Nos âmes font l’amour
Et main dans la main
Nous voyons nos pensées
Entrelacées…

Dans mes rêves

Tes yeux et tes lèvres
Ton corps et ton cœur
Traversent mes rêves
D’une douce lenteur

Tu es une vision
De mon esprit troublé
Rien qu’une illusion
Qui vient se former

Je te vois tranquille
Au bord du chemin
Tu attends fragile
Que passe ton destin

Tu observes le monde
Sans rien prononcer
Tes espoirs inondent
Mon cœur tout entier

Tu es une déesse
Une reine de beauté
Et même d’une caresse
Je n’ose t’effleurer

Par peur de souffrir
Te voir t’envoler
Mon profond désir
Je n’ose t’avouer

De ce rêve bleu
Enfin emmergé
J’entrouvre les yeux
Pour te retrouver

Mon âme chavire
Quand je t’aperçois
Mes rêves, mes désirs
Sont là près de moi